Si vous avez grandi en France dans les années 80, vous connaissez la scène. On vous envoyait chercher le pain, on vous laissait la monnaie, et la monnaie finissait dans la boîte en plastique près de la caisse. Il fallait choisir vite, parce qu’il y avait du monde derrière, et on choisissait toujours la même chose. C’est de ce souvenir que naît la moitié des commandes que je reçois pour le rayon rétro. Voici ce qu’on trouvait dans ces boîtes, et ce qu’on trouve encore.
Les bonbons à l’unité, un système disparu
Le principe était simple : les bonbons se vendaient à la pièce, quelques centimes chacun, et un franc suffisait à remplir un petit sachet en papier. Les enfants apprenaient à compter avec ça, bien mieux qu’avec les problèmes de l’école. On calculait combien de sucettes contre combien de rouleaux, on négociait avec la boulangère, on partageait avec les copains à la sortie. Le bonbon était la première dépense qu’on décidait seul.
La boîte elle-même avait son rituel. Souvent un présentoir transparent à compartiments posé sur le comptoir, parfois de grands bocaux en verre sur une étagère, qu’il fallait montrer du doigt. Le choix se faisait en deux temps : d’abord ce qu’on voulait vraiment, puis ce qu’on pouvait encore s’offrir avec ce qui restait. C’est dans ce deuxième temps que se glissaient les découvertes, un bonbon pris parce qu’il coûtait juste le bon prix. Je retrouve exactement ce réflexe chez mes clients adultes au Pick & Mix, quand il reste un peu de place dans la balance.
Ce système a presque disparu, pour plusieurs raisons à la fois. Le passage à l’euro en 2002 a rendu les petites pièces moins parlantes, les règles d’hygiène ont compliqué la vente de bonbons non emballés touchés à la main, et les supermarchés ont généralisé les sachets fermés. Les bonbons, eux, sont souvent restés. Ils ont simplement changé de vitrine.
Ce qu’il y avait dans la boîte de la boulangère
- Les sucettes plates en dextrose, fines et colorées, comme les Lollies, et les sucettes rondes, comme la sucette marseillaise.
- Le roudoudou, ce coquillage rempli de sucre cuit qu’on léchait jusqu’au fond, en se coupant un peu la langue sur le bord.
- Les soucoupes en pain azyme, qui fondaient sur la langue et libéraient leur poudre acidulée.
- Les colliers en dextrose, qu’on portait toute la récréation avant de les croquer perle par perle.
- Les chewing-gums : le Malabar et sa décalcomanie, les billes de bubble-gum de toutes les couleurs.
- Les bonbons à sensation : les poudres qui pétillent comme le Frizzy Pazzy, les rouleaux de pastilles comme les Fizzy Rolls.
Quatre habitués de la boîte près de la caisse, toujours fabriqués, toujours au rayon :
IncontournablePatrelle
IncontournableFrisiaBientôt disponibleSoucoupes en pain azyme Frisia
- Texture : pétillant
Contient : gluten
Acidité : ça pique, 4 sur 5
Bientôt
Zip & Zap
Look-O-LookLollies, sucettes dextrose Look-O-Look
- Texture : croquant
- Végan
- Sans gluten
Acidité : à peine acidulé, 1 sur 5
Les bonbons à sensation des années 80
Les années 80 ont aussi été celles des bonbons qui font quelque chose. La poudre qui explose sur la langue, d’abord : du sucre cuit sous pression de gaz carbonique, qui relâche ses bulles au contact de la salive. Les Crack-Ups pétillants fonctionnent toujours sur ce principe, et font toujours rire les enfants qui les découvrent. Les sifflets en dextrose sifflent vraiment, pour le malheur des parents en voiture.
Il y avait aussi les imitations d’objets d’adultes : les faux billets, les cigarettes en chocolat ou en chewing-gum, les pièces dorées. Ces bonbons-là jouaient à faire « comme les grands ». Les pièces en chocolat sont encore là, et les cigarettes aussi, même si elles font débat ; j’y ai consacré un dossier entier.
Retrouver les bonbons de la boulangerie aujourd’hui
La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces bonbons sont toujours fabriqués, souvent par les mêmes maisons. Certains ont un peu changé, de taille, de couleur ou de recette, pour des raisons que j’explique dans mon dossier sur les bonbons des années 80 et 90. Mais le roudoudou coupe toujours la langue, et la soucoupe colle toujours au palais.
Pour recréer la boîte de la boulangère, je conseille de composer un mélange au Pick & Mix avec cinq ou six de ces références, chacune dans son sachet. C’est la commande la plus fréquente pour un anniversaire de quarante ou cinquante ans, et c’est celle qui fait le plus parler à table. Ajoutez un Malabar par invité, et laissez chacun raconter sa boulangerie.
Vos questions
On nous demande souvent…
Quels bonbons achetait-on avec un franc ?
Des bonbons à la pièce : sucettes en dextrose, roudoudous, soucoupes, colliers, chewing-gums, rouleaux de pastilles et poudres acidulées, vendus quelques centimes chacun.
Pourquoi ne vend-on plus de bonbons à l’unité en boulangerie ?
Plusieurs raisons se sont cumulées : le passage à l’euro en 2002, des règles d’hygiène plus strictes pour les bonbons non emballés, et la généralisation des sachets fermés en grande surface.
Le roudoudou existe-t-il encore ?
Oui. Le roudoudou est toujours fabriqué, dans son coquillage, et se trouve au rayon rétro.
Comment offrir une boîte de bonbons de la boulangerie ?
Composez un mélange au Pick & Mix avec les références de votre époque : chaque parfum part dans son propre sachet étiqueté, prêt à offrir.
Écrit par Aurélie Orsiniqui choisit, pèse et expédie vos sachets depuis le Relecq-Kerhuon.





