Certains bonbons sont plus que des bonbons : ce sont des repères. On se souvient du bruit de la boîte de Cachou dans une poche, de la blague lue à voix haute avant de mordre dans un Carambar, de la décalcomanie du Malabar collée sur le bras. J’ai voulu rassembler ici l’histoire de quatre grandes marques françaises, en m’en tenant aux faits établis. L’histoire des bonbons est pleine de légendes, et j’aime mieux vous donner moins d’anecdotes que des anecdotes fausses.
Le Cachou Lajaunie, une pastille de pharmacien
En 1880, à Toulouse, un pharmacien nommé Léon Lajaunie met au point une petite pastille noire à base d’extrait de cachou, un extrait végétal, et de réglisse, destinée à rafraîchir l’haleine. Il la présente dans une petite boîte ronde et jaune, qu’on reconnaît encore aujourd’hui au premier coup d’œil. Le goût est puissant, presque médicinal : on l’aime ou on le déteste, et ceux qui l’aiment ne changent jamais.
Le Cachou Lajaunie fait partie des rares bonbons qui n’ont pratiquement pas changé en plus d’un siècle, dans leur forme comme dans leur boîte. Je le vends à l’unité, et je constate chaque année qu’il part autant chez les jeunes adultes que chez leurs grands-parents. La boîte jaune y est pour beaucoup.
La réglisse Zan, d’Uzès au monde entier
La réglisse Zan est née à Uzès, dans le Gard, à la fin du XIXe siècle, dans une région où l’on travaillait la racine de réglisse depuis longtemps. Le pain de Zan, cette pastille noire et souple, est devenu l’un des bonbons les plus connus de France, au point que son nom est resté dans la langue familière. L’entreprise s’est ensuite rapprochée de la maison Ricqlès, puis a été reprise à la fin des années 1960 par Haribo, qui a ainsi fait son entrée en France ; j’ai raconté cette suite dans l’histoire de Haribo et de la fraise Tagada.
Le Pain de Zan est au rayon, et il est l’un des bonbons les plus simples qui soient : de l’extrait de réglisse, du sucre, de quoi le lier. Il n’a jamais eu besoin de gélatine, ce qui le rend accessible aux régimes sans porc et végans. Pour ceux qui aiment la réglisse sous sa forme la plus brute, le bâton de bois de réglisse est la racine elle-même, qu’on mâchouille comme on le faisait avant l’invention de la pastille.
Les deux réglisses historiques du Sud et la racine d’où tout part :
Rendez-vousPlus que 11 boîtesCachou Rendez-vous Rendez-vous
- Texture : croquant
Contient : lait, gélatine
Acidité : zéro acidité, 0 sur 5
IncontournableHaribo
Confiserie SICBâtons de bois de réglisse Confiserie SIC
- Texture : gomme
- Végan
- Sans gluten
Acidité : zéro acidité, 0 sur 5
- Sélection Halloween
HariboPlus que 900 g
Le Carambar, un caramel du Nord
Le Carambar apparaît en 1954 dans le Nord, à Marcq-en-Barœul, près de Lille, chez le confiseur Delespaul-Huyghe. On raconte souvent qu’il serait né d’une erreur de réglage de machine qui aurait produit une barre plus longue que prévu ; l’histoire est charmante, mais je n’ai jamais trouvé de preuve solide, alors je la donne pour ce qu’elle est, une légende de marque. Ce qui est sûr, c’est que la barre de caramel au cacao s’est installée très vite dans les boulangeries et les kiosques.
Les fameuses blagues imprimées au dos de l’emballage ne sont arrivées que plus tard, à la fin des années 1960, et ce sont elles qui ont fait du Carambar un phénomène culturel. Qui n’a jamais lu une devinette à voix haute avant de la trouver nulle ? Je n’ai pas de Carambar au rayon. Pour retrouver le goût du caramel tendre, je vous oriente vers la souris caramel, un caramel au lait moulé, ou vers le fudge vanille-caramel, plus fondant, d’inspiration britannique.
Le Malabar et ses décalcomanies
Le Malabar est lancé en France à la fin des années 1950. C’est un chewing-gum rose, épais et tendre, au goût tutti frutti, bien plus généreux que les tablettes fines de l’époque. Son succès doit beaucoup à deux trouvailles : un personnage, Monsieur Malabar, grand costaud blond devenu la mascotte de la marque, et les décalcomanies glissées dans l’emballage, qu’on humidifiait pour les transférer sur la peau. Des générations d’écoliers sont rentrées à la maison avec un tatouage sur le dos de la main.
Le Malabar Tutti Frutti est toujours au rayon, avec sa tatoo. C’est l’un des bonbons que je conseille le plus pour une boîte souvenir, parce qu’il se reconnaît à l’odeur avant même d’être déballé. Pour ceux qui préfèrent les chewing-gums ludiques, les cigarettes en chewing-gum et les billets de banque en papier bonbon sont de la même famille des bonbons de kiosque.
Pourquoi ces marques ont survécu
Ces quatre bonbons ont un point commun : une forme ou un emballage qu’on reconnaît sans lire le nom. La boîte jaune, la pastille noire, la barre longue, le cube rose. C’est ce qui les a fait traverser les modes, les rachats et les changements d’usine. J’en parle plus largement dans mon dossier sur les bonbons des années 80 et 90, où je fais le tri entre ceux qui existent encore, ceux qui ont changé et ceux qui ont disparu.
Vos questions
On nous demande souvent…
En quelle année le Carambar a-t-il été créé ?
En 1954, à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, par le confiseur Delespaul-Huyghe. Les blagues au dos de l’emballage sont arrivées à la fin des années 1960.
Qui a inventé le Cachou Lajaunie ?
Léon Lajaunie, pharmacien à Toulouse, en 1880. La pastille était destinée à rafraîchir l’haleine, et sa boîte jaune n’a presque pas changé.
D’où vient la réglisse Zan ?
D’Uzès, dans le Gard, à la fin du XIXe siècle. Le Pain de Zan est toujours fabriqué et vendu au rayon.
Le Malabar existe-t-il encore ?
Oui. Le Malabar Tutti Frutti est toujours fabriqué, avec sa décalcomanie, et il est au rayon rétro.
Écrit par Aurélie Orsiniqui choisit, pèse et expédie vos sachets depuis le Relecq-Kerhuon.







