On me demande régulièrement si je vends « des Tagada ». Non, et je le dis tout de suite pour ne décevoir personne : la fraise Tagada n’est pas au rayon. Mais l’histoire de la marque qui l’a créée est celle de presque tous les gélifiés que je pèse, et elle mérite d’être racontée correctement, sans les légendes qui circulent. Voici ce qu’on sait vraiment de Haribo, de son ours et de sa fraise.
Haribo : Hans Riegel, Bonn, 1920
Haribo est fondée en 1920 à Bonn, en Allemagne, par un confiseur nommé Hans Riegel. Le nom de la marque est un acronyme que beaucoup de gens ignorent : HA pour Hans, RI pour Riegel, BO pour Bonn. Au départ, selon l’histoire que la marque raconte elle-même, l’entreprise démarre avec des moyens très modestes, un sac de sucre et une marmite, dans une petite cuisine de Bonn. C’est une histoire d’artisan avant d’être celle d’un groupe mondial.
Deux ans plus tard, Hans Riegel met au point un petit ours en gomme de fruits, inspiré des ours dressés qu’on montrait alors dans les foires. Il est plus grand et plus mince que l’ourson d’aujourd’hui. C’est l’ancêtre direct du célèbre ours d’or, et, au sens large, de tous les oursons gélifiés du monde, y compris les oursons acides de mon rayon, fabriqués par une autre maison.
Le secret du gélifié : la gélatine et l’amidon
Ce qui a fait le succès des gélifiés allemands, c’est la mâche. La gélatine donne ce ressort qu’on ne retrouve nulle part ailleurs : l’ourson résiste, puis cède. Pour mouler des milliers de bonbons identiques, les confiseurs coulent le sirop chaud dans des empreintes creusées dans des plateaux d’amidon, qui absorbent l’humidité pendant le séchage. Ce procédé, qu’on appelle le moulage à l’amidon, est toujours celui de la plupart des gélifiés, qu’ils soient ronds, plats ou en forme de fraise.
C’est aussi la raison pour laquelle la question de la gélatine revient si souvent. Les gélifiés classiques de ce type en contiennent, souvent d’origine porcine. Pour ceux qui l’évitent, j’ai rassemblé les réponses dans le dossier sur les bonbons halal et sans gélatine, et le rayon propose des alternatives à l’amidon comme les Fraizibus.
L’arrivée de Haribo en France par Uzès
En France, Haribo ne part pas de zéro. À la fin des années 1960, la marque reprend Ricqlès-Zan, une entreprise installée dans le Gard, à Uzès, qui fabriquait notamment la réglisse Zan. C’est ce qui explique qu’on trouve aujourd’hui à Uzès un musée consacré au bonbon, et que la réglisse fasse partie de l’histoire française de la marque. Le Pain de Zan que je vends est l’héritier de cette tradition de réglisse du Gard, bien plus ancienne que l’ours allemand.
Au rayon, les voisins de cette histoire : l’ourson, la mûre, la réglisse du Gard et un gélifié sans gélatine.
IncontournableFrisia
HariboPlus que 1,4 kgBerries mûres rouges et noires Haribo
- Texture : gélifié
- Sans gluten
Contient : gélatine
Acidité : à peine acidulé, 1 sur 5
IncontournableHaribo
IncontournableHaribo
La fraise Tagada, un bonbon né en France
La fraise Tagada est lancée en France en 1969. C’est une particularité qu’on oublie souvent : ce bonbon emblématique d’une marque allemande a d’abord été une création française, pensée pour le goût français. Sa texture n’est pas celle de l’ourson. C’est une guimauve gélifiée, plus aérée, recouverte d’un sucre fin qui accroche la lumière et les doigts. Son nom évoque le galop d’un cheval, et il est resté dans les cours d’école pendant des décennies.
Pourquoi la fraise ? Parce que c’est l’un des parfums les plus répandus en confiserie, et l’un des plus faciles à aimer : presque chaque fabricant a sa fraise tendre, sucrée ou acidulée. Au rayon, je vous propose les fraises plates acides pour ceux qui aiment la version qui pique, la fraise géante meringuée pour ceux qui aiment la mousse, et les cœurs pêche pour le moelleux. Aucune n’est une Tagada, et je ne le prétendrai pas ; ce sont des cousines de texture.
Les Berries et les autres classiques de la marque
Parmi les classiques de la maison de Bonn, un seul est au rayon : les Berries, mûres rouges et noires, ces grappes de petites perles de sucre posées sur un cœur gélifié. Elles font partie des bonbons qu’on reconnaît les yeux fermés, à la sensation des perles sous la langue. Leurs voisines, les mûres bleues perlées, sont d’un autre fabricant et jouent sur le même contraste entre le croquant du sucre et le tendre du cœur.
Si vous composez une boîte « goûts d’enfance » autour de ces souvenirs, le Pick & Mix permet de réunir fraise, mûre, ourson et réglisse, chacun dans son sachet étiqueté. Et pour prolonger la promenade dans le temps, lisez l’histoire du Carambar, du Malabar et du Zan, les grandes marques françaises de la même époque.
Vos questions
On nous demande souvent…
Que signifie le nom Haribo ?
C’est un acronyme formé des deux premières lettres du prénom, du nom et de la ville du fondateur : HAns RIegel BOnn.
Quand la fraise Tagada a-t-elle été créée ?
Elle a été lancée en France en 1969, par la filiale française de Haribo.
Pourquoi Haribo a-t-il un lien avec Uzès ?
Parce qu’en arrivant en France à la fin des années 1960, la marque a repris Ricqlès-Zan, installée à Uzès, dans le Gard. Un musée du bonbon s’y trouve aujourd’hui.
La fraise Tagada contient-elle de la gélatine ?
La recette classique en contient. Pour une alternative sans gélatine, regardez les gélifiés à l’amidon comme les Fraizibus, sans ingrédient d’origine animale.
Écrit par Aurélie Orsiniqui choisit, pèse et expédie vos sachets depuis le Relecq-Kerhuon.







