Chaque semaine, on m’écrit au sujet des compositions, et ce sont presque toujours les mêmes cinq questions. La réponse tient rarement dans un e-mail, alors je l’écris ici en entier, à peu près comme je l’explique au comptoir quand quelqu’un retourne un sachet pour lire le dos. Vous trouverez les mêmes informations sur chaque fiche du rayon, reprises de la fiche technique du fabricant.
La liste d’ingrédients et les allergènes
Les ingrédients sont listés par ordre décroissant de poids : le premier est celui qu’il y a le plus. Sur un gélifié, c’est presque toujours le sucre ou le sirop de glucose. Les quatorze allergènes réglementaires (gluten, lait, fruits à coque, arachides, soja, œufs…) doivent être mis en évidence dans la liste, le plus souvent en gras. C’est la première ligne à lire en cas d’allergie. Les traces éventuelles (« peut contenir ») signalent un risque de contamination dans l’atelier, et elles comptent autant pour une allergie sévère.
La gélatine sur l’étiquette d’un bonbon
La gélatine d’un gélifié vient du porc ou du bœuf, et selon le cas, tout le monde ne peut pas manger le bonbon. Le fabricant doit écrire « gélatine », mais rien ne l’oblige à préciser l’espèce. Je la note donc référence par référence sur les fiches, et quand je ne sais pas, je le dis et je vais chercher l’étiquette du lot en cours plutôt que de deviner. Tout le détail est dans le dossier sur la gélatine et les bonbons halal.
Il existe aussi des gélifiés sans aucune gélatine, à l’amidon ou à la pectine, comme les Banana Ovals végans ou les Fraizibus. Leur texture est différente, plus courte et moins élastique, et beaucoup de gens les préfèrent sans trop savoir pourquoi.
Arôme naturel ou arôme : ce que dit la loi
« Arôme » tout court désigne un arôme qui peut être de synthèse. « Arôme naturel » signifie que l’arôme est tiré de matières premières naturelles, mais pas forcément du fruit annoncé. « Arôme naturel de fraise », en revanche, impose qu’au moins 95 % de l’arôme provienne réellement de la fraise. Quelques mots séparent ces mentions, et c’est une des rares lignes où lire trop vite vous trompe vraiment.
Je n’ai rien contre les arômes : un bonbon à la framboise fait avec de la vraie framboise n’aurait ni la couleur ni la tenue qu’on attend. Je refuse seulement de laisser croire autre chose. Quand une composition n’a pas encore été relevée sur l’emballage du lot, la fiche l’écrit noir sur blanc au lieu de publier une liste plausible.
Colorants des bonbons : E120, azoïques et mentions
Les colorants sont désignés par leur nom ou leur code E. Deux cas méritent l’attention. Le carmin (E120) est tiré de la cochenille, un insecte : un bonbon qui en contient n’est ni végétarien ni végan. Six colorants dits azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129) imposent une mention d’avertissement sur l’emballage, qui signale un effet possible sur l’activité et l’attention des enfants. Depuis quelques années, beaucoup de fabricants les ont remplacés par des concentrés de fruits et de légumes, comme la spiruline pour le bleu.
Deux autres codes piègent les végétariens : la cire d’abeille (E901) et la gomme-laque (E904), qui font briller les dragées et les billes. Et le dioxyde de titane (E171), qui blanchissait certains enrobages, est interdit dans l’alimentation en France depuis 2020, puis dans toute l’Union européenne.
Polyols et réglisse : les deux mentions obligatoires
Les références sans sucre, comme les gélifiés Frisia sans sucres ou les pastilles Vivil, remplacent le saccharose par des polyols : maltitol, sorbitol, isomalt. Ils apportent moins de calories et n’attaquent pas les dents, et c’est un vrai plus. Au-delà d’une certaine quantité, ils ont un effet laxatif, et l’emballage doit l’écrire : « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs ». On retrouve cette phrase sur chaque fiche concernée, lisiblement.
Même logique pour la réglisse : l’étiquette doit signaler sa présence, et au-delà d’une certaine teneur en acide glycyrrhizique, un avertissement pour les personnes hypertendues, invitées à éviter toute consommation excessive. Le rayon réglisse porte ces mentions. Je ne les affiche pas à contrecœur : ce sont les deux endroits du rayon où un bonbon peut vraiment gêner quelqu’un.
Deux sans-sucre et deux sans ingrédient animal, pour voir ces mentions sur de vraies fiches :
FrisiaBonbons gélifiés sans sucres Frisia
- Texture : gélifié
- Sans gluten
- Sans sucre
Contient : gélatine
Acidité : légèrement acidulé, 2 sur 5
VivilVivil sans sucres Vivil
- Texture : croquant
- Végan
- Sans gluten
- Sans sucre
Acidité : légèrement acidulé, 2 sur 5
IncontournableBUBSBientôt disponible
IncontournableHaribo
Vos questions
On nous demande souvent…
Que veut dire « arôme naturel de fraise » ?
Qu’au moins 95 % de l’arôme vient réellement de la fraise. « Arôme naturel » seul indique une origine naturelle, sans garantir qu’elle soit le fruit annoncé.
Le colorant E120 est-il végétarien ?
Non. Le carmin E120 est extrait de la cochenille, un insecte. Un bonbon qui en contient n’est ni végétarien ni végan.
Pourquoi certains bonbons portent-ils un avertissement pour les enfants ?
Parce qu’ils contiennent un des six colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129), pour lesquels la réglementation européenne impose de signaler un effet possible sur l’activité et l’attention des enfants.
Les bonbons sans sucre sont-ils sans risque ?
Ils ménagent les dents, mais leurs polyols ont un effet laxatif au-delà d’une certaine quantité, d’où la mention obligatoire sur l’emballage. Mieux vaut les consommer par petites portions.
Écrit par Aurélie Orsiniqui choisit, pèse et expédie vos sachets depuis le Relecq-Kerhuon.





